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Apprendre à voir

Il y a quelques années, un vieux maître jedi m’a dit qu’avant de regarder, il fallait que j’apprenne à voir. En attendant qu’il m’explique comment fabriquer mon propre sabre laser, il m’a donné un exercice on ne peut plus simple en apparence, celui de prendre et de publier une photo par jour.

Sur le papier, cet exercice est simplissime, car tout le monde est évidemment capable de prendre un cliché tous les jours. Mais c’est le fait de le publier qui complique véritablement les choses car, en plus des éventuelles compétences de retoucheur à acquérir, cet acte en dit beaucoup sur nous et nous expose surtout au jugement.

Du coup, on est immédiatement plus exigeant avec nous-même, et cela complique forcément l’acte, au point même de provoquer chez certains un blocage. Mais c’est tout le jeu : dompter son ego pour ne plus avoir à se faire violence à chaque nouveau cliché. Et, par la même occasion, abattre les barrières qui nous séparent de notre sensibilité profonde. En somme, des contraintes pour se réconcilier avec nous-même !

Mais qu’est-ce qu’il raconte ce blogger de quatrième zone ? Oui, vous avez raison, je me suis un peu emporté…

Eh bien, rentrons un peu dans le concret. Au début de cet exercice, le monde s’ouvre à nous, tout est simple, même si vous vous imposez la contrainte de respecter la règle des tiers, voire de ne shooter qu’en manuel et en RAW. Les premiers jours défilent à une vitesse folle, sans que vous éprouviez la moindre difficulté. Il vous arrive même de prendre votre cliché avant d’arriver au bureau c’est dire !

 

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Mais au bout de quelques semaines, le quotidien vous rattrape, et vous réalisez brusquement à 22h30 que vous n’avez toujours pas pris votre cliché, du coup vous vous rabattez sur votre logis, et le travail en cours.

 

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Avec les semaines, l’effort demandé par cet exercice devient vraiment pesant, et votre temps s’amenuise encore. Mais c’est en persévérant, au prix de quelques photos moins personnelles, belles ou intéressantes, que votre œil et votre plaisir en sortiront grandis.

 

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Rétrospectivement, je dois vous avouer que cet exercice a été au début un véritable plaisir, ensuite une sacrée contrainte, et enfin vrai grand bonheur. Car, désormais, où que je sois, mes yeux sont constamment en train de chercher quelque chose pour les nourrir. Ils ne s’arrêtent plus sur les choses les plus évidentes. Ils trouvent de la beauté même dans les choses les plus élémentaires ou vulgaires (pourquoi pas ce papier chiffonné sur le sol pavé). Ils ne regardent plus, ils voient !

 

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